Depuis Cairns, nous cherchons plus sérieusement du boulot pour renflouer nos caisses, vidées par toutes nos excursions de touriste ! Cela nous prend à peut près 2 heures, quelques coups de fils et c’est trouvé. Le marché du travail ici est très différent de celui en France. Très actif d’une part car il y a beaucoup de boulots saisonniers et d’autre part, les gens semblent ne pas avoir les mêmes à priori sur les métiers plus manuels qu’intellectuels (ouvrier, charpentier, fermier…) On voit très souvent se balader en ville et dans les centre commerciaux des gars en uniforme de chantier qui viennent faire leurs courses, ce qui n’est franchement pas courant chez nous. Ils ne cherchent pas à voir si on a des diplômes et tout le monde à sa place dans le monde du travail. D’ailleurs, on voit beaucoup de jeunes (moins de 18 ans) faire des petits boulots.
Bref, nous voilà parti pour quelques heures de voiture en direction de « nulle part » !!
Ou plus précisément une propriété dans le centre nord de l’Australie à 80 km de Georgestown, qui compte 284 habitants. Nous empruntons pour y aller une route à « road train » ce qui signifie que la route fait la largeur d’un énorme camion et quand l’un d’eux arrive, on est prié de se mettre dans le fossé (enfin, c’est fait pour !), il y a du reste des paneaux au début de la route, signalant « attention, vous allez croisé des « Road train de 50 m de long » soit trois à quatre remorques.)
Chaque fois qu’on en croisons un, on sert les fesses et on prie pour qu’un cailloux ne vole pas dans le pare-brise. Nous arrivons à la tombée de la nuit, après avoir croisé moultes kangourous dont certains de 2 m ; autant dire, qu’on n’a pas roulé trop vite !!
Nous sommes accueillis par Sam, le propriétaire de la ferme qui nous offre un dîner et nous conduit à notre petite chambre. Nous rencontrons déjà quelques travailleurs « pickers » et « packers », et avons un avant-goût de ce qui nous attend.
Dès le lendemain matin nous commençons à « packer » dans l’usine ; comme je vous l’ai dit par mail commun, nous avons bien de la chance d’être à l’intérieur car d’une part, nous n’avons pas les coups de soleil et les brûlures provoquées par les mangues, d’autre part nous sommes payés à l’heure et pas au rendement, ce qui est ici plus rentable car les fruits sont assez petits cette année.
Je tri les mangues tachées et empaquette les premières catégorie dans des cagettes suivant leur taille et Boris étiquette et tri les cartons par taille. Nous bossons beaucoup (en moyenne 10 à 12 heures par jour) et c’est un boulot physique et qui n’apprend rien. Bref, ce n’est pas très drôle, mais c’est une bonne expérience et nous gagnons dans les 200 dollars par jour ce qui n’est pas mal.
Nous avons suivi une grande partie de l’équipe et sommes actuellement à Giru, au sud de Townsville, dans une deuxième exploitation de mangues appartenant au même propriétaire. Nous avons gardé les mêmes postes et il y a environ 3 semaines de travail ce qui nous permettra d’avoir remboursé toutes nos dépenses depuis septembre et anticipé celles jusque fin janvier J. Cela nous mènera à Noël que nous passerons sans doute en amoureux sur la plage. Nous pensons être à Melbourne pour le nouvel an que nous passerons avec des français que nous avons rencontré à Yeppoon.